
Pocket – 608 pages
AMAZON – BABELIO – LIVRADDICT
Quel lien entre onze psychopathes gauchers et l’homme de Cro-Magnon ?
Alors que Lucie Henebelle peine à se remettre de ses traumatismes, l’ex-commissaire Sharko se voit relégué à des enquêtes de seconde zone. Telle la découverte du corps de cette jeune scientifique, battue à mort par un grand singe.
À nouveau réunis pour le pire, les deux flics plongent aux origines de la violence, là ou le génome humain détermine son avenir : l’extinction.
Bienvenue à GATACA…
Essayer de trouver un rythme de lecture ces trois dernières années s’avère difficile et mes lectures se révèlent parfois laborieuses. En choisissant Gataca, je pensais pouvoir m’accrocher un peu plus, mais j’ai vraiment eu du mal à m’y mettre. Franck Thilliez figure pourtant en tête de mes favoris lorsqu’il s’agit de romans policiers et j’étais séduite à l’idée de retrouver le duo Sharko/Hennebelle après le drame qu’ils avaient vécu dans Le Syndrome E.
Comme l’évoque l’auteur à la fin du roman, ces deux personnages principaux aux histoires personnelles bouleversantes font tout l’intérêt des intrigues où ils apparaissent. J’aime les voir évoluer, malgré les souffrances qu’ils peuvent endurer. Ils sont tous deux émouvants et attachants, blessés et pourtant toujours debout, et ce sont leurs souffrances respectives qui les rapprochent. Je ne peux malheureusement pas développer certains aspects du roman sous peine de trop en dévoiler sur Lucie et Franck à ceux et celles qui voudraient faire leur connaissance. Mais on retrouve ici un Franck Sharko fatigué et affaibli, et une Lucie Hennebelle presque méconnaissable tant elle est perdue et déstabilisée.
Gataca nous emmène au coeur de nos origines, aux tréfonds les plus noirs de la manipulation génétique. Le thème surprend et dérange tout à la fois. On se retrouve face à la naissance d’une lignée de tueurs à la violence inouïe. C’est sur l’enquête du meurtre d’une jeune étudiante en anthropologie que Franck et Lucie vont à nouveau être réunis, un peu malgré eux. Ils vont une fois de plus devoir affronter le mal côte à côte et dépasser leurs propres peurs et leurs limites.
Tout mon intérêt s’est éveillé d’un seul coup à la page 495. Les lecteurs qui l’auront lu comprendront que l’effroyable vérité, à laquelle je ne m’attendais pas, m’a littéralement surprise et presque anéantie. J’en suis restée sonnée, abasourdie, et la fin de ce chapitre m’a valu une nuit quasi blanche.
Merci milles fois à l’auteur pour ce coup de maître (et de massue !). Il me tarde de retrouver Franck et Lucie.

« On est comme n’importe quelle espèce, n’importe quel organisme : on fait tout pour survivre. (…) Quels que soient les drames qui nous font tomber, on se relève chaque fois, et on se remet à courir pour rattraper ce paysage qui défile trop vite. Et quand, finalement, notre retard est comblé, ce maudit paysage accélère de nouveau, nous contraignant à nous adapter et à aller plus vite encore. Si l’on n’y parvient pas, si notre esprit ne trouve pas les parades pour nous pousser encore, notre course à l’armement s’arrête et on meurt, éliminés par la sélection naturelle. C’est aussi simple que ça. » (page 449)





