The Revenant

Date de sortie : 24 février 2016 – Durée : 2h 36min
De Alejandro González Iñárritu
Avec Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Domhnall Gleeson
Genre : Western, Aventure
Interdit aux moins de 12 ans

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Dans une Amérique profondément sauvage, Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir. Seul, armé de sa volonté et porté par l’amour qu’il voue à sa femme et à leur fils, Glass entreprend un voyage de plus de 300 km dans un environnement hostile, sur la piste de l’homme qui l’a trahi. Sa soif de vengeance va se transformer en une lutte héroïque pour braver tous les obstacles, revenir chez lui et trouver la rédemption.

 

mon avis

Je renoue avec le cinéma cette semaine en allant voir un film de taille.

The Revenant, c’est une histoire d’humanité et de courage. C’est un voyage initiatique intrusif au plus profond de l’humain, au coeur de ce qu’il a de meilleur mais aussi de pire.

Leonardo incarne son personnage avec un charisme et une prestance sans pareille.

A la fois choquant et émouvant, ce film est une véritable merveille. J’en reste encore sans voix. Malgré la durée, aucune longueur. Des paysages magnifiques. Des personnages hauts en couleur. Un énorme coup de coeur pour moi en ce début d’année.

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American Sniper

Date de sortie : 18 février 2015-Durée : 2h12min
De Clint Eastwood
Avec Bradley Cooper, Sienna Miller, Luke Grimes
Genres Biopic, Guerre, Drame

Synopsis

Tireur d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de « La Légende ». Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu’il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l’angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s’imposant ainsi comme l’incarnation vivante de la devise des SEAL : « Pas de quartier ! » Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu’il ne parvient pas à retrouver une vie normale.

Mon avis

Je me lance aujourd’hui dans la rédaction de ma chronique d’American Sniper, à froid, mais les émotions toujours à chaud. La conjoncture actuelle, les évènements des derniers jours, des derniers mois, laissent ce sujet très sensible et ma sensibilité, comme celle de nous tous, à vif. Dans ce monde où règne encore la violence, la vengeance et la guerre, ce genre de film ne peut laisser indifférent.

Ce film m’a littéralement anéantie. J’ai senti mon coeur battre comme jamais et mes émotions étaient à leur paroxysme. La peur, l’incompréhension, la colère, la douleur, la tristesse … toutes ces émotions ont été retranscries à merveille, si je puis dire. Tout le film m’a fait vibrer, émue aux larmes, le coeur meurtri devant toute cette haîne déversée gratuitement pour une cause qui n’en est pas une. J’ai du respect pour cet homme, pour tous ces hommes, nos hommes, qui risquent leur vie pour défendre les valeurs de leurs pays, pour nous défendre. Tous ces hommes qui se battent pour notre sécurité.

Quant à Bradley Cooper, il incarne le rôle à la perfection. Clint Eastwood signe encore une fois ici un véritable chef d’oeuvre, bouleversant de réalisme, d’autant plus qu’il ne s’agit pas là d’une fiction mais d’un biopic. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, foncez, mais n’oubliez pas les mouchoirs.

Les gens heureux lisent et boivent du café

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Les gens heureux lisent et boivent du café – Agnès Martin-Lugand

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 » Ils étaient partis en chahutant. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux.  » Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. Afin d’échapper à son entourage qui l’enjoint à reprendre pied, elle décide de s’exiler en Irlande, seule. Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper… « 

mon avis

Une amie m’avait parlé de ce livre et le titre m’a immédiatement intriguée.

C’est l’histoire de Diane, jeune femme meurtrie par la perte subite de son mari et de sa fille dans un tragique accident de voiture. Diane ne se relève pas de cette perte et erre dans son appartement comme un fantôme. Propriétaire d’un café littéraire qu’elle a laissé entre les mains de son meilleur ami Félix, Diane passe ses journées dans les souvenirs.

Après l’anniversaire de la mort de Colin et Clara, Diane prend la décision de s’éloigner. S’isoler de cette vie qui ne lui appartient plus semble pour elle la meilleure façon de reprendre le dessus.

Diane ne choisit pas sa destination au hasard, elle part pour l’Irlande, pays qu’a toujours voulu voir Colin. Pour lui, pour elle, Diane s’y rend donc, dans le but de reprendre goût à la vie. Elle qui pensait s’isoler pour faire la paix avec elle même, une rencontre inattendue va tout bouleverser. Edouard, le neveu des propriétaires de sa maison de location, va se mettre en travers de son chemin. Et tout va basculer …

en bref

Loin d’être un grand roman, ce livre m’a tout de même touchée. En plein émoi amoureux moi même au moment de ma lecture, quelques passages ont pu m’émouvoir, d’autres encore m’ont fait sourire de plaisir.

C’est plaisant à lire, d’une écriture simple et sans chichis. Ce roman court mais pourtant bien construit nous fait partager la vie des personnages simples et abordables, et c’est suffisant pour passer un agréable moment.

Le clin d’oeil à la lecture et surtout au café littéraire m’a beaucoup plu, puisque je rêve moi même d’en ouvrir un depuis longtemps.

Level 26 – La trilogie

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Level 26 – Anthony Zuiker et Duane Swierczynski

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Les policiers du monde entier répartissent les criminels sur une échelle de 1 à 25, selon leur dangerosité. Un type de tueur échappe toutefois à cette classification. Particulièrement cruels, manipulateurs et insaisissables, sévissant sur tous les continents, ces psychopathes ne connaissent aucune limite et n’ont aucun mode opératoire de prédilection : ils appartiennent au niveau 26. Un seul homme peut arrêter ce genre d’individus : Steve Dark, ancien agent fédéral dont la famille a été massacrée.
Désormais affranchi de tout carcan judiciaire et moral, dégagé des procédures gouvernementales, il va devoir affronter trois tueurs de catégorie 26 dans des traques aussi redoutables qu’éprouvantes, mettant à chaque fois sa santé mentale et sa vie – comme celle des autres – davantage en danger.

mon avis

(Attention : spoil !)

Je voulais d’abord parler des trois tomes indépendamment, puis je me suis ravisée. Un condensé ira tout aussi bien, vu l’opinion que je me suis faite de cette trilogie. Vous l’aurez compris, j’ai quelque peu été déçue.

Par où commencer … Steve Dark est au centre des trois tomes. On fait sa connaissance dans le premier, où l’on apprend que sa famille aurait été massacrée par un tueur qu’il poursuit. La chasse à l’homme est donc éprouvante dans ce premier volet et l’on est un minimum tenu en haleine. L’histoire va vite tourner au drame et Steve Dark va y perdre des plumes.

Le second tome, Dark Prophecy, se déroule cinq ans plus tard. Toujours très affecté par la disparition de sa femme, Steve Dark tente de se reconstruire une vie. Après avoir quitté les Affaires Spéciales pour élever sa fille et rester loin du monde du crime, et par la même coupé de toute forme de contact avec son ancien collègue et ami, Tom Riggins, Dark va se retrouver une fois de plus attiré dans cet univers qu’il a tant voulu fuir. Grâce – ou à cause – d’un malheureux concours de circonstances, Dark et Riggins vont se retrouver à enquêter sur la même série de meurtres. Ils vont devoir s’affronter et finiront par renouer.

Dans le dernier volet, Steve Dark est à la poursuite de Labyrinthe, un tueur en série qui sème des énigmes sur ses scènes de crime, ainsi que des comptes à rebours, avant de mettre en ligne des vidéos des exécutions de ses victimes. Aux côté de son ami et mentor Tom Riggins, Dark va donc tout faire pour arrêter ce meurtrier et ses macabres petits jeux.

en bref

Intriguée par cette trilogie dont j’avais tellement entendue parler, je me suis laissée tenter. Cela se lit plutôt bien, mais Level 26 ne restera pas pour moi du grand Thriller. Anthony Zuiker nous emmène dans une trame identique à celle de sa plus que célèbre série « Les Experts ». Pour moi, c’est sans surprise et sans majeur rebondissement.

Reflex

Reflex – Maud Mayeras

Pocket – 480 pages

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Photographe de l’identité judiciaire, Iris Baudry est discrète, obsessionnelle, déterminée. Disponible nuit et jour, elle shoote en rafales des cadavres pour oublier celui de son fils, sauvagement assassiné onze ans auparavant. Mais une nouvelle affaire va la ramener au cœur de son cauchemar : dans la ville maudite où son enfant a disparu, un tueur en série s’est mis à sévir. Et sa façon d’écorcher ses victimes en rappelle une autre… La canicule assèche la ville, détrempe les corps et échauffe les esprits, les monstres se révèlent et le brasier qu’Iris croyait éteint va s’enflammer à nouveau dans l’objectif de son reflex.

mon avisAutant de temps laissé pour me remettre de mes émotions. A la fin de ma lecture, je me suis retrouvée dans l’impossibilité de rédiger une chronique tant j’ai été bouleversée. On m’avait pourtant prévenue…

Maud, tes personnages m’ont touchée, ton histoire, tes mots, ton roman m’ont tour à tour fait frissonner et émue aux larmes. Comment rester de marbre en lisant tes lignes?

Iris … décrite comme « discrète, obsessionnelle et déterminée » par le quatrième de couverture. Une jeune femme meurtrie par un drame insurmontable pour n’importe quelle mère : la disparition de son fils. Le cœur d’une mère ne peut rester insensible à cette histoire.

Iris est photographe. Mais pas n’importe quelle photographe. Elle est photographe de l’identité judiciaire. Appelée sur les scènes de crime pour effectuer des clichés des victimes, la mort, elle connaît. Mais lorsqu’elle arrive sur cette nouvelle affaire, tout bascule : sa ville natale, un petit corps, les mêmes marques sur la victime … Iris est projetée onze ans en arrière. Elle va devoir faire face à la situation, mais aussi face à sa mère, et avec elle à tous ses cauchemars. Au fil de l’enquête, Iris va tout naturellement se rapprocher de Jackie Philco, cette vieille femme dodue et gentille qui a été sa voisine durant toute ces années, et qui a tant pris soin d’elle par le passé, mais dont Iris ne sait finalement rien.

Parallèlement à l’histoire d’Iris, on peut suivre celle Lucie, née dans un orphelinat tenue par des soeurs dont la dureté est sans pareille, d’une mère tombée enceinte suite à un viol et mise à l’écart par sa famille dans la période d’après guerre, en 1919. Je me suis demandée bien souvent où ce fil conducteur allait nous mener, mais j’étais loin de m’imaginer où donc Maud voulait en venir. Quelle imagination. Quelle terrible, terrible imagination.

La sombre vérité et toute l’horreur de cette histoire nous saute à la gorge sans crier gare. Je ne me suis doutée de rien jusqu’à quelques pages de la fin. J’ai eu des nuits blanches pour tourner les pages encore et encore. J’avais du mal à m’arrêter, je voulais connaître la fin, cette fin qui m’a pris les tripes. Cette fin qui m’a fait chialer. Cette fin qui m’a donné envie de vomir.

en brefJe n’ai toujours pas d’autres mots aujourd’hui. Ils restent difficiles à sortir. Je pensais pouvoir rédiger un billet plus complet et plus détaillé, mais le souvenir de Réflex me laisse une trace aujourd’hui encore, avec cette sensation de pesanteur et de profond malaise.

Encore bravo Maud. Il t’a fallu du courage, à toi qui est mère également, pour coucher sur le papier une histoire aussi dure, une histoire aussi folle, une histoire aussi sombre. Ne t’arrête jamais : je suis conquise !

extrait« Je n’aime pas le silence, il appelle les mauvaises pensées. »

« Je n’aime pas les lueurs vives du matin, celles qui rendent vos peurs moins visibles. Elles les planquent jusqu’à la nuit tombée, où elle vous abandonnent avec délectation à vos terreurs délaissées. »

« Je voudrais la gifler, lui cracher au visage, la tuer une seconde fois. Mais je ne fais rien, je me contente de me lever, et de partir, comme je l’ai toujours fait. Même mort, un monstre demeure un monstre. Alors je quitte la pièce, plus tremblante que jamais. »

« Je n’aime pas les retrouvailles. Ces moments de silence que vous avez toujours fantasmés, gâchés par la gêne et la promiscuité. Ces instants que vous avez tant attendus et qui, lorsqu’ils arrivent enfin, vous font l’effet d’une bière tiède que vous n’avez plus vraiment envie de boire, ni de partager. »

Lu en avril 2015

Glacé

Glacé – Bernard Minier

Pocket – 736 pages

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sticker-arabesqueDans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d’une journée glaciale de décembre, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d’un cheval, accroché à la falaise. Ce même jour une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée. Le commandant Servaz, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier l’enquête la plus étrange de toute sa carrière.

Prix du meilleur roman francophone au Festival Polar de Cognac

mon avisDes montagnes, du vent, de la neige, du froid, de l’obscurité. Voilà les premiers éléments du roman de Bernard Minier. Un décor bien planté dès le départ, qui donne des frissons dès les premières lignes. Et cette découverte peu banale : le corps d’un cheval sans tête suspendu dans les hauteurs d’une centrale hydroélectrique.

Immédiatement, l’auteur nous emmène au cœur de cette curieuse intrigue. Petit à petit, le lecteur est plongé dans l’enquête, qui va s’avérer haletante et pleine de rebondissements.

Nous faisons alors connaissance avec Diane Berg, une jeune psychologue qui prend ses fonctions au sein de l’hôpital psychiatrique Wargnier. Cet établissement de haute sécurité, situé au cœur des Pyrénées, accueille les plus dangereux criminels, des monstres isolés du reste du monde.

Diane va devoir se faire une place dans cet hôpital où l’atmosphère est pesante et face au personnel autant qu’aux criminels, ce qui ne sera pas chose facile. Le Dr Xavier, successeur de l’éminent Charles Wargnier, ainsi que l’infirmière en chef Elisabeth Ferney, ne vont pas lui simplifier la tâche.

Nous rencontrons aussi le commandant Martin Servaz, dépêché sur les lieux du crime, étonné qu’on l’envoie sur une affaire de meurtre en plein cœur des montagnes, d’autant pus qu’il s’agit là de la mort d’un cheval … Mais pas n’importe quel cheval : le favori d’Eric Lombard, riche héritier et propriétaire, entre autre, de la centrale où a été faite la macabre découverte.

Servaz, aidé par le capitaine Irène Ziegler, en poste sur place, et par son collègue et ami, son subordoné, Vincent Espérandieu, va épuiser toutes ses forces pour tenter de venir à bout de cette mystérieuse histoire. Au fil de l’enquête vont être déterrés de vieux secrets, liés à une vague de suicide d’adolescents qui a eu lieu dans le village il y a quelques années.

En avançant aux côtés de Servaz, nous ne sommes pas au bout de notre surprise. Ce flic impliqué et assidu révèle une personnalité quelque peu mystérieuse. Séparé et père d’une adolescente, dont il se veut très proche, Servaz semble être un homme distant mais sensible. Inquiet au sujet de sa fille, il chargera son ami Vincent de mener quelques discrètes investigations, histoire de s’assurer, en bon père protecteur, que tout va bien pour elle.

J’aime. J’aime tout. J’aime ces paysages d’une froideur et d’une blancheur quasi immaculée, qui donnent à cette intrigue un aspect si particulier. J’aime cet endroit reculé dans les montagnes, à l’apparence calme mais escarpé et plein de sordides secrets. J’aime les personnages : Diane, jeune femme qui fait là sa première expérience de la psychiatrie somme toute peu banale ; Servaz, discret mais tellement professionnel ; Espérandieu, ami et fidèle collègue, personnage énigmatique, et sa femme Charlène, d’une beauté froide …

en bref

Mon premier roman de Bernard Minier, et sans nul doute pas le dernier. Un nouvel auteur parmi mes favoris.

Le froid revient au centre de ce roman et prend une place centrale. Glacé jusqu’aux os, on poursuit notre lecture en tournant les pages jusqu’à s’en brûler les doigts.