Un avion sans elle

Un avion sans elle – Michel Bussi

Pocket – 570 pages

AMAZON BABELIO LIVRADDICT

sticker-arabesqueLyse-Rose ou Émilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapée d’un crash d’avion, une fillette de trois mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les médias ont baptisée « Libellule ». Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’affaire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête. Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, la jeune femme va dénouer les fils de sa propre histoire jusqu’à ce que les masques tombent. Hasards et coïncidences ne sont-ils que les ricochets du destin ? Ou bien quelqu’un, depuis le début, manipule-t-il tous les acteurs de ce drame ?

mon avis« Un avion sans elle », c’est l’histoire de deux familles qui se disputent la garde de cette petite rescapée. C’est l’enquête longue de 18 ans de Crédule Grand-Duc, le détective payé par la famille Carville pour mettre à jour la vérité. Car Libellule, cette petite fille retrouvée sur les lieux du crash ce 23 décembre 1980, va être placée auprès des Vitral. Car faute de preuves tangibles, les quelques pauvres éléments en possession de la justice amènent les juges à penser que Libellule n’est autre qu’Emilie Vitral.

18 ans de doutes et d’espoir. 18 ans de tristesse et de souffrance. Et pourtant, la vérité était juste là, sous le nez de Grand-Duc. Mais cette vérité ne pouvait qu’être découverte 18 ans après le drame.

Lilye a donc été élevée par sa grand-mère, Nicole Vitral, aux côtés de son frère Marc. Mais tous deux ont très vite éprouvé des sentiments très forts l’un pour l’autre. Des sentiments plus forts que l’amour fraternel. Marc en a toujours été persuadée : Lilye n’est pas sa petite soeur. Mais alors, qui est elle ? Lyse-Rose de Carville ? C’est ce que Malvina, la grande soeur de Lyse-Rose, croit depuis toujours. Devenue presque folle depuis la disparition de sa soeur, Malvina n’a cessé de nourrir cet espoir depuis toutes ces années.

Plus de 500 pages d’enquête, de rebondissements et de surprises. Un doute dès le départ. Mais aucune certitude jusqu’aux dernières pages. Michel Bussi sait nous tenir en haleine. J’ai couru après la montre aux côtés de Marc, parce qu’il n’avait que très peu de temps avant que Lilye ne commette l’irréparable. Et pour cela, il a dû lire le journal de Grand-Duc que lui a confié Lilye avant de disparaître. Au fur et à mesure de sa lecture, Marc avançait, mais trop lentement. Il n’a compris que quelques heures avant que Lilye ne passe à l’acte. Il lui fallait mettre rapidement à jour cette nouvelle vérité.

en bref

Certains avis que j’ai pu lire disaient la fin surprenante. Quelque peu, certes, et pourtant, j’avais émis l’idée dès le départ qu’il puisse en être ainsi. Mais j’étais évidemment loin de me douter du dénouement de toute cette histoire. L’auteur a su me surprendre et m’émouvoir. Monsieur Bussi compte aujorud’hui une nouvelle fan.

 

Level 26 – La trilogie

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Level 26 – Anthony Zuiker et Duane Swierczynski

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Les policiers du monde entier répartissent les criminels sur une échelle de 1 à 25, selon leur dangerosité. Un type de tueur échappe toutefois à cette classification. Particulièrement cruels, manipulateurs et insaisissables, sévissant sur tous les continents, ces psychopathes ne connaissent aucune limite et n’ont aucun mode opératoire de prédilection : ils appartiennent au niveau 26. Un seul homme peut arrêter ce genre d’individus : Steve Dark, ancien agent fédéral dont la famille a été massacrée.
Désormais affranchi de tout carcan judiciaire et moral, dégagé des procédures gouvernementales, il va devoir affronter trois tueurs de catégorie 26 dans des traques aussi redoutables qu’éprouvantes, mettant à chaque fois sa santé mentale et sa vie – comme celle des autres – davantage en danger.

mon avis

(Attention : spoil !)

Je voulais d’abord parler des trois tomes indépendamment, puis je me suis ravisée. Un condensé ira tout aussi bien, vu l’opinion que je me suis faite de cette trilogie. Vous l’aurez compris, j’ai quelque peu été déçue.

Par où commencer … Steve Dark est au centre des trois tomes. On fait sa connaissance dans le premier, où l’on apprend que sa famille aurait été massacrée par un tueur qu’il poursuit. La chasse à l’homme est donc éprouvante dans ce premier volet et l’on est un minimum tenu en haleine. L’histoire va vite tourner au drame et Steve Dark va y perdre des plumes.

Le second tome, Dark Prophecy, se déroule cinq ans plus tard. Toujours très affecté par la disparition de sa femme, Steve Dark tente de se reconstruire une vie. Après avoir quitté les Affaires Spéciales pour élever sa fille et rester loin du monde du crime, et par la même coupé de toute forme de contact avec son ancien collègue et ami, Tom Riggins, Dark va se retrouver une fois de plus attiré dans cet univers qu’il a tant voulu fuir. Grâce – ou à cause – d’un malheureux concours de circonstances, Dark et Riggins vont se retrouver à enquêter sur la même série de meurtres. Ils vont devoir s’affronter et finiront par renouer.

Dans le dernier volet, Steve Dark est à la poursuite de Labyrinthe, un tueur en série qui sème des énigmes sur ses scènes de crime, ainsi que des comptes à rebours, avant de mettre en ligne des vidéos des exécutions de ses victimes. Aux côté de son ami et mentor Tom Riggins, Dark va donc tout faire pour arrêter ce meurtrier et ses macabres petits jeux.

en bref

Intriguée par cette trilogie dont j’avais tellement entendue parler, je me suis laissée tenter. Cela se lit plutôt bien, mais Level 26 ne restera pas pour moi du grand Thriller. Anthony Zuiker nous emmène dans une trame identique à celle de sa plus que célèbre série « Les Experts ». Pour moi, c’est sans surprise et sans majeur rebondissement.

Pierre Lemaître

Né à Paris, Pierre Lemaitre a beaucoup enseigné aux adultes, notamment les littératures française et américaine, l’analyse littéraire et la culture générale.

Il est aujourd’hui écrivain et scénariste. Il a rendu hommage à ses maîtres (James Ellroy, William McIlvanney, Bret Easton Ellis, Émile Gaboriau…) dans son premier roman, « Travail soigné », qui a obtenu le Prix Cognac en 2006.

« Alex« , deuxième volet de la trilogie Verhoenen renoue avec le style de narration de « Robe de marié »(2009), publié entretemps après Travail soigné.

Le troisième volet de la trilogie « Sacrifices » sort en octobre 2012.

En 2010 sort « Cadres noirs » qui rompt avec le style de ses autres polars.

Clara Moto

source : fazemag.de

 

Je démarre cette nouvelle catégorie en vous parlant de Clara Moto, une jeune femme aux talents prometteurs dans un genre musical que j’affectionne particulièrement, l’électro minimal.

D’origine Autrichienne, compositrice, musicienne et DJ, Clara Moto, de son vrai nom Clara Prettenhofer, affiche déjà à son actif deux albums : Polyamour (2010) et Blue Distance (2013).

Pour plus d’info, une petite bio et quelques liens sur Last.fm.

Le garçon d’à côté

Katrina Kittle

Le livre de poche – 576 pages

LU EN octobre 2014

AMAZON

 

sticker-arabesqueDans la banlieue tranquille du Middle West où Sarah vit avec ses enfants, Nate et Danny, la nouvelle fait l’effet d’une bombe : leurs voisins, et amis, les Kendricks sont accusés de pédophilie. L’horreur était sous ses yeux, et pourtant Sarah n’a rien vu, rien senti… Malgré l’équilibre fragile qu’elle tente de maintenir au sein de sa famille depuis la mort de son mari, elle décide d’accueillir Jordan, le fils des Kendricks, victime d’abus. Sarah, Nate et Danny – l’adulte, l’adolescent et l’enfant – vont devoir changer de regard, réinventer leurs rôles respectifs et leurs certitudes pour redonner à Jordan goût à la vie et l’aider à grandir.

 

mon avis

Le roman débute sur un mariage, raconté par Danny, le plus jeune fils de Sarah. Danny, perdu dans les souvenirs, se rappelle, et nous ramène alors quelques années en arrière, à l’époque où leur vie à tous a radicalement changée.

Ce matin là, Sarah Laden a croisé le chemin de Jordan, le fils unique de son amie Courtney Kendrick. Ce matin là, tout a basculé. En voulant porter secours à Jordan, Sarah ne se doutait pas qu’elle allait mettre les pieds dans l’horreur. Lorsque la vérité éclate, elle ne peut d’abord y croire. Courtney avait été son amie, sa confidente. Aux yeux de Sarah, elle ne pouvait être coupable de telles atrocités. Mais les preuves ne se trompent pas, et au fil de l’enquête, Sarah a dû se rendre à l’évidence : son amie l’avait dupée.

Encore fragilisée par la disparition de son mari, emporté par un cancer, Sarah va se retrouver face à un choix difficile. Son fils aîné, Nate, essayant de se racheter une bonne conduite, lui demande l’impossible : recueillir Jordan et lui servir de famille d’accueil. Tout l’équilibre de Laden va alors basculer. Jordan, d’abord peu coopératif, va intégrer la maison des Laden et tenter de s’y fondre tant bien que mal. Danny, qui avait autrefois été son ami, tente de recouvrer l’affection du jeune garçon. Nate, quant à lui, va tisser des liens de confiance avec Jordan. Quant à Sarah, elle se montre forte et essaye de gérer comme elle peut la situation.

Avec l’aide de Reece, l’assistant social, Bobby Kramble, l’inspecteur chargé de l’enquête, le docteur Bryn, psychiatre à l’hôpital, et Ali, son amie et médecin de Jordan, Sarah va aider l’enfant à se reconstruire. Au fil des jours, le petit garçon va finir par lui faire confiance. Au delà de ses souffrances et de ses craintes, Jordan ne souhaite qu’une chose : être protégé de ses parents.

D’abord, il y a eu ce titre plein de mystère. Puis cette couverture, froide et pleine de zones d’ombres. Enfin, ce résumé, empli de sens et ne laissant aucun doute sur le contenu du roman. Je ne saurais expliquer pourquoi je m’y suis intéressée. J’avoue avoir eu du mal à le lire, à cause de sa dureté. On ne peut rester insensible à ce genre d’histoire. Je ne saurais donner d’appréciation juste à ce livre. Je ne peux pas qualifier de « bon » un récit qui parle de pédophilie. Je peux pourtant dire que l’auteur a su faire vivre ses personnages. On sent au fil des pages de vives émotions qui m’ont souvent submergées. L’horreur de la situation est palpable. J’ai frissonné plus d’une fois devant certains détails. Et j’ai pleuré aussi …

 

en brefJ’ai refermé ce livre sans être capable, depuis, de réfléchir à quelle serait ma prochaine lecture. Il y a certains mots que l’on peine à digérer. Certains maux aussi … Et ceux de Katrina Kittle en font partie.

Si j’en tire une leçon, ce serait celle ci : ne laissons pas planer le doute sur nos voisins. Si quelque chose nous semble suspect, prenons le risque de comprendre. Cela vaut bien mieux que de passer à côté d’une triste vérité…

Hématome


Maud Mayeras

Le Livre de Poche – 312 PAGES

LU EN Juillet 2014

LIVRADDICT – AMAZON – WIKIPEDIA

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Dans une chambre d’hôpital, une jeune femme se réveille péniblement. Elle ne sait ni qui elle est, ni pourquoi son corps la fait autant souffrir : sa mémoire est comme effacée. A son chevet, Karter, son compagnon, effondré, lui apprend qu’on l’a agressée, puis violée. Dès sa sortie, Emma, assaillie par des flashs terrifiants, tente de reconstituer le puzzle de sa vie. Qui l’a agressée alors qu’elle attendait un enfant ? Quel grand malheur a mis un terme à sa carrière ? Et pourquoi le silence la sépare-t-il de son père depuis toutes ces années ? Bribe par bribe, les souvenirs ressurgissent, sans apporter compréhension ni réconfort. Emma croise des personnages de plus en plus inquiétants et la mort semble peu à peu tout recouvrir autour d’elle…

mon avis

Le temps m’a manqué ces dix huit derniers mois pour m’adonner à ma passion première, la lecture. J’ai traîné à finir le dernier roman de la trilogie des Crocodiles, Tortues et Ecureuils de Madame Pancol. J’ai été prise de panique lorsqu’il m’a fallu faire un choix pour ma prochaine lecture et que je me suis retrouvée indécise et complètement perdue devant ma bibliothèque, pourtant si bien fournie. Je les voulais tous. Il me paraissait impossible de n’en choisir qu’un. J’ai sorti quelques livres, les ai touchés, feuilletés … Je voulais du noir, mon genre de prédilection, un polar, un thriller, pour me remettre le pied à l’étrier. Mais il ne fallait pas un pavé. En cette période de vacances, quelques pages suffiraient. Et puis, je suis tombée sur Hématome. Mon choix était fait. Je n’avais entendu parler de Maud Mayeras qu’en bien par les lecteurs de Reflex, son dernier roman. Lors de ma rencontre avec Maud au salon de St Maur des Fossés, en Juin 2014, elle m’avait mise en garde, je cite : « Ne lisez pas celui là, c’est de la merde. » Sauf que … permettez moi, Maud, mais je ne suis pas d’accord avec vous.

Hématome fait partie de ces romans qui vous conduisent de l’autre côté. De ceux qui vous tiennent éveillés la nuit. Madame Mayeras, Hématome m’a laissé des bleus. Après tous ces mois sans aucune sensation à la lecture de quelques lignes, votre roman a réussi à relancer la machine. J’ai envie de vous dire merci. Merci pour ces deux nuits d’insomnie. Merci pour les frissons et les sueurs froides. Merci pour les moments de doutes et de cauchemar. Tant de légèreté, et pourtant tant de dureté dans vos quelques pages. Un grand bravo pour avoir réussi ce tour de force, celui qui m’a réappris à aimer les livres, ce tour de force qui m’a révélé que mon envie de lire était toujours là. Merci de m’avoir réveillée.

Je n’ai pas envie de chroniquer Hématome de façon banale comme je le ferait pour les autres. Parce que plus qu’un roman policier, ce livre représente pour moi tant de choses. Seuls les passionnés comme moi, les victimes du « burn out littéraire », sauront comprendre. On parle de la page blanche bien souvent pour l’écrivain. Qu’en est il du lecteur qui se retrouve confronté à ce vide littéraire qui l’empêche de lire et surtout de s’en réjouir ?

Hématome … L’histoire d’une jeune femme qui, suite à une agression d’une insoutenable violence, se retrouve alitée à l’hôpital, incapable de se souvenir. Elle ne sait plus qui elle est, ni même ce qu’était sa vie. Emma Kazan. C’est ainsi qu’elle s’appelle.

A son chevet, Karter Reppe, celui qui partage sa vie. Mais là aussi, Emma ne se souvient plus.

A sa sortie de l’hôpital, Emma regagne son appartement aux côtés de Karter. Ce dernier n’aura de cesse de vouloir la préserver de certains souvenirs, peut être pour la protéger, mais pas seulement … Emma est prise de doutes et, suivant son intuition, elle va chercher plus loin ce que semble lui cacher Karter. Elle se rendra rapidement compte de l’horreur dans laquelle elle évolue, mais elle était loin d’imaginer ce qu’elle finira par découvrir.

Hématome, ou comment pénétrer dans un esprit torturé.
Derrière Emma, j’ai ouvert des portes. Avec elle j’ai eu mal, j’ai eu peur, j’ai versé des larmes. A ses côtés j’ai cherché, réfléchi, étudié chaque situation.

La narration à la première personne nous permet de voir l’intrigue aux travers des yeux d’Emma et de s’identifier plus facilement à la victime. Tout devient sombre et terrifiant de son point de vue.

L’écriture simple et les chapitres courts nous amènent à tourner les pages encore et encore, pour en savoir toujours plus.

Que dire des autres personnages ? Rien, pour ne pas trop en dévoiler. Mais j’aurais quand même un conseil à vous donner : quand vos souvenirs vous font défaut, méfiez vous de ceux qui vous accompagnent et disent vous connaître …

en brefUn coup de coeur. Mon coup de coeur.

Je n’ai rien d’autre à ajouter qu’un seul mot, encore une fois : Merci !