Le jardin des secrets – Kate Morton

Pocket – 704 pages

AMAZON BABELIO LIVRADDICT

sticker-arabesque1913. Sur un bateau en partance pour l’Australie se trouve une petite fille de quatre ans, seule et terrorisée. Le navire lève l’ancre et elle se retrouve à Brisbane. Si le secret de son débarquement est religieusement gardé par ses parents adoptifs, ceux-ci décident, le jour de ses 21 ans, de révéler à Nell les circonstances étranges de son arrivée dans la famille. Les questions se bousculent alors. Bouleversée, elle va devoir entreprendre un long voyage vers ses origines. Une quête difficile pour lever le voile sur près d’un siècle d’histoire familiale…

mon avisCe roman a été une jolie découverte. Tombée dessus par hasard lors d’une visite chez mon libraire préféré, la couverture d’abord m’a attirée, puis le résumé. Une quête sur des origines familiales, une histoire qui s’annonçait pleine de secrets, autant d’ingrédients suffisants pour me plaire. J’ai eu envie de m’installer au coin d’un feu pour en savourer la lecture et m’imprégner de l’ambiance. Je ne sais pas pourquoi ce genre d’histoire me donne cette envie d’être bien au chaud pour en faire la lecture. L’hiver est une saison pour moi idéale pour ces romans pleins de sensibilité et qui nous font voyager, à travers le temps comme à travers le monde.

Trois femmes, trois destins, trois vies, mais une seule histoire.

Eliza, en 1900, puis Nell, en 1975, et enfin Cassandra, en 2005.

Nell, par qui tout commence, apprend à sa majorité que les parents qui l’ont élevée ne sont pas ceux qui lui ont donné la vie. Commence alors pour elle une quête acharnée pour apprendre la vérité sur ses origines. Ses recherches vont nous faire traverser un siècle d’histoire, de secrets et de sombres desseins, et vont nous permettre de faire la connaissance d’Eliza ainsi que de Cassandra.

Le dénouement est certes plus ou moins prévisible mais cela n’enlève rien au charme des mots de l’auteur. Trois personnages hauts en couleurs, trois femmes de caractère, toutes trois armées de persévérance pour traverser les épreuves qu’elles rencontrent. Le genre de personnage auquel on s’attache sans mal.

Kate Morton nous fait voyager d’une époque à l’autre, mais sans pour autant nous déstabiliser. Certains n’apprécient pas les narrations à changement d’époque, moi au contraire, j’aime ça. Faire un bon tous les 100 ans en avant, pour revenir ensuite 30 ans en arrière quelques pages plus loin ne m’a absolument pas dérangé. L’auteur nous emmène avec fluidité, comme si elle nous prenait la main pour nous faire traverser.

J’ai particulièrement apprécié ce jardin secret mentionné dans le titre, bel et bien présent dans le roman puisque toute l’histoire y est liée. J’ai eu l’impression d’en sentir les effluves des fleurs et de m’y perdre à mon tour.

Le temps me manque cruellement pour me consacrer à la lecture, pourtant je n’ai pas eu l’impression ici de perdre le fil tant j’ai apprécié les moments passés en compagnie de Nell, Cassandra, Eliza et les autres.

Je ne développerai pas plus en avant sur le cours même de l’histoire ni sur les différents personnages, ce serait gâcher votre plaisir à lire ce roman si j’en révélais trop. Lisez-le et vibrez à votre tour avec elles.

Arrive un vagabond

Arrive un vagabond – Robert Goolrick

10/18 – 360 pages

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sticker-arabesqueC’est au cours de l’été 1948 que Charlie Beale arriva à Brownsburg. Il était chargé de deux valises – l’une contenait quelques affaires et des couteaux de boucher, l’autre une importante somme d’argent. Charlie y tomba deux fois amoureux. D’abord, il s’éprit de cette ville paisible de Virginie dont les habitants semblaient vivre dignement, dans la crainte supportable d’un Dieu qu’ils avaient toutes les raisons de trouver plutôt bienveillant à leur égard. Une preuve parmi d’autres : il n’y avait encore jamais eu de crime à Brownsburg. La deuxième fois que Charlie tomba amoureux fut le jour où il rencontra Sylvan Glass. Après Féroces et Une femme simple et honnête, Robert Goolrick nous offre, avec Arrive un vagabond, une plongée sensuelle et enivrante au cœur de la passion.

mon avisUne couverture qui m’a immédiatement attirée, un prix des lecteurs, une histoire d’amour qui s’annonçait tumultueuse. Autant d’ingrédients qui auraient pu m’intéresser, et pourtant…

Trop de longueurs à mon goût. Des personnages plats, des situations sans rebondissement. Je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire malgré ma persévérance. Et comme je n’aime pas perdre mon temps, j’ai préféré laisser tomber.

Je m’excuse par avance auprès de l’auteur et celles ou ceux qui auraient apprécié leur lecture.

Marina

 

Robert Laffont (2011) – 303 pages

Présentation de l’éditeur

Dans la Barcelone des années 1980, Oscar, quinze ans, a l’habitude de fuir le pensionnat où il est interne. Au cours de l’une de ses escapades, il fait la connaissance de Marina. Fascinée par l’énigme d’une tombe anonyme, Marina entraîne son jeune compagnon dans un cimetière oublié de tous. Qui est la femme venant s’y recueillir ? Et que signifie le papillon noir qui surplombe la pierre tombale ? S’égarant dans les entrailles d’une terrifiante cité souterraine, s’enfonçant dans les coulisses d’un inquiétant théâtre désaffecté, Oscar et Marina réveillent les protagonistes d’une tragédie vieille de plusieurs décennies.

Biographie de l’auteur

Carlos Ruiz Zafón (né le 25 septembre 1964 à Barcelone) est un auteur espagnol. Ruíz Zafón écrit principalement en castillan. Il habite depuis 1993 à Los Angeles où il écrit des scénarios de films.

À l’âge de quatorze ans, Carlos Ruiz Zafon écrit son premier roman, une histoire de 500 pages. À dix-neuf ans, il choisit de commencer sa carrière dans la publicité, qu’il quitte pour se consacrer à son roman Le Prince de la brume, publié en 1993 (prix de la jeunesse d’Edebé en 2000).

Son quatrième roman, L’Ombre du vent a été sélectionné dans les romans étrangers pour le prix Femina 2004. Il a reçu aussi des prix littéraires français, comme le Prix des Amis du Scribe et le Prix Michelet en 2005, ainsi qu’au Québec, comme le Prix des libraires du Québec 2005 (Roman hors Québec). En janvier 2010, le classement de plusieurs magazines dédiés à l’édition, dont Livres-Hebdo en France et The Bookseller en Grande-Bretagne, le place à la cinquième place des écrivains de fiction les plus vendus en Europe en 2009.

Mon avis

Lorsqu’Oscar, 15 ans, fait la connaissance de Marina, il est loin de se douter dans quelle aventure il a mis les pieds. Marina l’entraîne dans une quête mystérieuse pour découvrir qui est cette énigmatique dame en noir qui se recueille quotidiennement dans le vieux cimetière. Mais ce mystère est bien plus dangereux que tout ce qu’ils avaient pu imaginer. Leur escapade va soulever bien des secrets, gardés depuis de nombreuses années. En les faisant remonter à la surface, Oscar et Marina vont réveiller de vieux démons et mettre leurs vies en danger.

Oscar est un adolescent discret et rêveur. Interne dans un pensionnat, il s’évade chaque soir pour errer dans les rues de Barçelone. Un soir, il pénètre dans une maison étrangement vide et prend peur en tombant nez à nez avec un étrange personnage. Il se rendra compte plus tard qu’il s’agit du père de Marina, celle qui va devenir sa plus grande amie.

Marina et son père vivent tous deux dans une vieille demeure à peine entretenue, bien trop grande pour eux. Lorsque Marina rencontre Oscar, cette jeune fille fragile et insaisissable va se lier d’amitié avec le jeune homme.

Oscar et Marina vont partager bien des choses. Marina va faire découvrir à Oscar les secrets du Barçelone et permettre au jeuen homme d’intégrer son univers. C’est ainsi qu’Oscar va passer le plus clair de son temps libre avec Marina et German, son père, et se constituer une nouvelle famille. Mais German serait atteint d’un mal mystérieux. Du moins, c’est ainsi que Marina justifie leurs nombreuses visites à l’hôpital. Oscar finira par apprendre qu’à ce sujet, Marina ne lui aurait pas dit toute la vérité.

La témérité et le courage des deux adolescents vont les lancer sur les traces de personnages depuis longtemps oubliés. Oscar et Marina vont réveiller d’étranges créatures et connaître le pour. Mettant leur vie en péril, ils ne pourront malgré tout plus reculer une fois qu’ils auront commencé à fouiller le passé. Leur curiosité va tout naturellement les pousser à mener l’enquête toujours plus loin, prenant des risques mais ne s’attendant certainement pas à ce qu’ils allaient trouver à la fin. L’histoire mystérieuse d’un drame qui a eu lieu il y a de nombreuses années va remonter à la surface, faisant revivre d’anciens démons.

L’intrigue est incroyablement bien construite. J’ai vécu tout aux côtés d’Oscar et Marina et rien ne pouvait m’empêcher de reposer le roman, sauf peut être le manque de temps. J’ai été propulsé dans une aventure aux frontières de l’iréel. Le fantastique est omniprésent et la description de la ville de Barçelone est tout simplement envoûtante.

Un grand merci à Mélo pour ce livre qu’elle a fait voyager et ainsi m’a permis de faire une très jolie découverte. J’avais eu l’occasion de lire « L’ombre du vent » du même auteur il y a quelques annéees et, une nouvelle fois, je suis conquise par l’écriture de Carlos Ruiz Zafon.

Lu en Octobre 2012

La dernière valse de Mathilda

Archipoche (janvier 2007) – 566 pages

Présentation de l’éditeur

Dans la chaleur étouffante du bush australien, Mathilda, treize ans, fait ses adieux à sa mère. Quelques voisins sont rassemblés autour de la tombe, pour rendre un dernier hommage à cette femme courageuse.

Un peu à l’écart, le père de Mathilda n’a qu’une hâte : que tout cela se termine afin qu’il puisse vendre le domaine de Churinga. Mathilda, elle, comprend que les choses ne seront jamais plus comme avant…

Cinquante ans plus tard, Jenny découvre le journal intime de Mathilda. À mesure que progresse sa lecture, l’angoisse l’assaille… A-t-elle bien fait de venir s’installer à Churinga ?

Par son atmosphère envoûtante, la force de ses personnages, cette saga australienne s’inscrit dans la lignée des chefs-d’oeuvre de Colleen McCullough.

Biographie de l’auteur

Tamara McKinley est une écrivaine australienne née à Launceston, en Tasmanie. Elle est ensuite allée en Angleterre avec sa grand mère afin d’y finir ses études dans une école pour jeunes filles dans le Sussex. Les expériences de son enfance et les souvenirs de son incroyable grand-mère ainsi que ses deux extraordinaires grandes-tantes constituent la base de ses romans.

Elle a commencé par écrire des thrillers psychologiques avant de retourner à ses racines en écrivant des sagas familiales ayant pour toile de fond l’installation des pionniers dans la brousse australienne. Elle est maintenant très connue en Allemagne où ses livres ont été en tête des ventes à leur parution.[réf. nécessaire] Ses livres sont aussi populaires en Scandinavie, plus particulièrement en Suède où sa première saga a été saga roman de l’année[réf. nécessaire].

En France seuls deux de ses romans sont disponibles, à savoir Éclair d’été et La dernière valse de Mathilda. Ce dernier s’est vendu à plus de 150 000 exemplaires en France

Mon avis

A 13 ans, Mathilda enterre sa mère, une femme aimée de tous disparue trop tôt, anéantie par une longue maladie. Seul son père demeure à l’écart de la tombe, distant, comme non concerné. Il ne veut surtout pas se mêler à la petite foule qui se presse pour faire un adieu à sa femme. Tout ce qu’il souhaite, à présent qu’elle n’est plus, c’est vendre le domaine de Churinga. Et c’est ce que redoute le plus Mathilda. Attachée à ces terres pour lesquelles sa mère s’est toujours battue, elle espère pouvoir continuer à faire vivre l’endroit. Mais ce sera sans compter sur toutes les difficultés qu’elle va devoir surmonter.

Cinquante ans plus tard, c’est au tour de Jenny de découvrir le domaine de Churinga et d’en tomber sous le charme. Après la perte tragique de son mari et de son fils, elle se rend en Australie, où Peter, son défunt mari, avait fait l’acquisition des terres de Churinga. C’est en prenant ses repères et en fouillant la maison qu’elle va tomber sur les trois volumes du journal intime de Mathilda. Ce qu’elle va y lire va alors la bouleverser. Sur place, elle fera la connaissance de Brett, un homme au premier abord taciturne et insaisissable, mais qui va éveiller en elle une passion dévorante.

Du côté des personnages, parlons tout d’abord de Mathilda. Elle a hérité du caractère solide de sa mère, bien heureusement. Parce que vivre à Churinga aux côtés de son père est loin d’être une partie de plaisir. Revenu de la guerre blessé et empli de colère, ce dernier va faire vivre à sa fille un véritable enfer aussitôt après la mort de sa femme. Alcoolique et violent, il aura du mal à résister à certaines de ses pulsions. Mathilda va être marquée à jamais par cette période de sa vie, dont l’issue ne sera que tragédie.

Quand un demi siècle plus tard, Jenny tombe sur son journal, c’est au travers de ses yeux que nous faisons connaissance avec Mathilda. Jenny, encore fragilisée par la perte de ses deux amours, parvient sans mal à être touchée par les mots de Mathilda et s’identifie sans difficultés à la jeune fille. Paraissant tout d’abord distante, tant vis à vis de ce lopin de terre que de ceux qui y travaillent et y vivent, Jenny finira par faire tomber le masque. Le charme de Churinga, ainsi que celui de Brett, vont évidemment faire leur effet.

L’histoire est écrite par flashback, nous passons de la vie de Mathilda, au travers des écrits que Jenny découvre dans les journaux intimes de la jeune fille, à la nouvelle vie de Jenny à Churinga.

Lorsque nous faisons connaissance avec Mathilda, ce n’est encore qu’une enfant. Nous la voyons évoluer tout au long du roman, subissant de douloureuses épreuves, mais restant toujours debout. Désireuse de se battre pour ses terres, qu’elle chérit plus que tout, elle ira jusqu’à s’en oublier, refusant les avances des hommes, préférant ainsi la solitude. Les violences qu’elle endure de la part de son père l’ont tout d’abord poussée à fuir. Mais une fois que ce dernier l’a rattrapée, elle n’aura d’autre choix que de continuer à supporter la vie à ses côtés. Pas pour bien longtemps, car il viendra lui aussi à mourir, laissant Mathilda enfin seule et libre. Malgré les difficultés financières et matérielles qu’elle rencontrera, elle n’aura de cesse de se battre pour que Churinga tienne debout. Le prix à en payer sera lourd, mais au bout du chemin l’attend l’inévitable : un amour soudain et passionnel. Un dénouement heureux auquel l’on ose croire, pourtant, dans la vie de Mathilda, rien n’est aussi simple, même le bonheur se paye.

Près de cinquante années plus tard, lorsque Jenny vient vivre au domaine, rien n’a changé. L’âme de Churinga telle que la décrit Mathilda est toujours présente. Ce qui va séduire notre jeune citadine. Aussi improbable que ça lui paraisse, Jenny se laissera gagner par Churinga. Difficile alors de prendre la décision de revendre les terres. Finalement charmée, Jenny va passer plus de temps que prévu à Churinga, allant jusqu’à en adopter le mode de vie avec une étonnante facilité. Elle se laisse séduire par Brett, l’un des ouvriers du domaine, qui lui fait découvrir tous les aspects positifs d’une vie à Churinga. La lecture des journaux de Mathilda donne à Jenny l’impression que l’ancienne propriétaire des lieux rôde encore par ici. Son récit va tellement la toucher qu’elle se laissera attendrir. Ce n’est pas sans complications qu’elle finira par prendre sa décision : vendre Churinga, ou rester pour y refaire sa vie ?

En conclusion, j’ai adoré. Tout m’a plu dans ce roman : les paysages australiens, les personnages aux forts caractères, la grande saga familiale … de merveilleux ingrédients pour faire de ce roman un véritable coup de cœur. J’ai voyagé avec Jenny, j’ai souffert avec Mathilda, j’ai aimé aussi avec elles. Ce livre m’a envoûtée et m’a fait vivre une belle aventure.

Lu en août 2012