Toubib or not Toubib

Calman Levy (janvier 2008) – 269 pages – Lu en septembre 2012

Présentation de l’éditeur

Vous voulez rire ? Alors bienvenue dans le petit cabinet médical parisien où travaille Yohanna Béhar. Entourée d’une bande de docteurs loufoques experts en lancer de vannes – un gynécologue bourru, une dentiste gaffeuse et un acupuncteur qui fait chavirer les cœurs -, la jeune généraliste n’a pas le temps de s’ennuyer ! Mais le jour où on propose à Yohanna de participer en direct à une émission de télé, elle ne rit plus du tout : tétanisée par le stress, elle décide d’aller consulter à son tour. Ce sera chez un psy réputé, qui diagnostique une  » angoisse de la première fois « . Il lui propose de l’aider en la soignant sous hypnose. Pourquoi pas ? Yohanna commence son traitement en toute confiance. Mais le scientifique se révèle très vite énigmatique et déroutant. Et lorsqu’elle se met à développer de surprenantes aptitudes, la doctoresse s’interroge. Qui est cet homme en réalité ? Que cherche-t-il à lui faire ? Dans quel but ? Et accessoirement les séances sont-elles prises en charge par sa mutuelle ?

Biographie de l’auteur

Agnès Abécassis est née en 1972, ce qui lui fait donc aujourd’hui à peu près vingt-cinq ans. Après quinze années d’études (en comptant depuis le CP), elle est devenue journaliste, scénariste et illustratrice. Ecrire des comédies est l’une de ses activités favorites. Juste après se faire des brushings.

Mon avis

Yohanna est médecin généraliste dans un cabinet médical. Un jour, une de ses patientes lui fait une proposition en or : passer en direct dans une émission télévisée pour parler de ses méthodes. Manque de chance, la jeune femme ne se sent pas prête à accepter, pour la simple et bonne raison qu’elle a une peur bleue de s’exprimer en public. Mais sa patiente ne compte pas l’entendre de cette oreille : elle lui prend rendez-vous chez le docteur Evan Leitner, célèbre psychiatre reconnu pour ses méthodes peu banales. Après quelques séances d’hypnose, Yohanna sent se développer en elle des dons hors du commun. Elle va alors tout faire pour comprendre ce que cache le Dr Leitner.

Tous les personnages de ce roman sont originaux. En entrant dans le cabinet médical, nous faisons d’abord connaissance avec Siegfried-Berthe, la réceptionniste, qui a un caractère aussi bien trempé que son nom est imprononçable, aimable comme une porte de prison. Nous trouvons dans le cabinet quatre médecins aux métiers totalement différents. Il y a évidemment Yohanna, généraliste et mère de famille. Puis Iris, la dentiste, jeune femme rousse et pétillante mais qui peine à prendre soin d’elle. Cette dernière cultive en secret une passion pour son jeune collègue Félix, acupuncteur et charmeur à ses heures perdues. Vient enfin Gaston, leur aîné, gynécologue et dépourvu d’humour.

Tout dans cette histoire était parti pour être une véritable comédie, mais nous sommes encore loin du compte. Agnès Abecassis multiplie dans son roman les situations cocasses et tourne en dérision les petits moments de la vie quotidienne. Les faits nous sont narrés par Yohanna, à la première personne. Le « je » nous permet de nous immerger pleinement dans cet humour décalé. Lorque Yohanna se met en tête de découvrir la vérité sur son psy, tout va s’accélérer. Mais rien ne va se dérouler comme elle le souhaitait.

Ce n’est pas du tout le genre de roman que j’ai l’habitude de lire, mais j’avoue qu’après le scepticisme a suivi un agréable étonnement et il m’est arrivé plus d’une fois de sourire. En somme, une très bonne petite comédie, originale et idéale pour décompresser.

 

Alors, heureuse ?

Belfond (2002)450 pages

Présentation de l’éditeur

Encensé par la presse anglo-saxonne, traduit dans une dizaine de pays, ce roman plein de vie nous fait découvrir, entre rire et larmes, l’émouvante héroïne d’une comédie qui fait mouche. Comment trouver enfin le bonheur sans avoir à mincir !

Jusque-là, tout allait bien pour Candace Shapiro. Vingt-huit ans, trop de rondeurs mais beaucoup de charme et suffisamment d’esprit pour s’être imposée comme journaliste. Elle avait même fini par accepter que papa ne revienne jamais, que maman soit amoureuse d’une femme et que Lucy, sa petite sueur, danse les seins nus pour arrondir ses fins de mois. Mais le jour où elle découvre sa vie sexuelle relatée par le menu dans un grand mensuel féminin, ce jour-là… tout déraille. Le responsable de cette délicate attention ? Bruce, son ex, qui, à l’évidence, vit lui aussi de sa plume en confiant à l’Amérique entière le détail de ses amours avec une femme « différente » ! D’abord furieuse, Candace va peu à peu sombrer dans la dépression. Mais l’humiliation infligée a cruellement ravivé les blessures d’un passé qu’elle devra affronter pour enfin s’accepter et savourer une digne revanche…

Biographie de l’auteur

Jennifer Weiner est née en Louisiane. Diplômée de l’université de Princeton, elle est éditorialiste au Philadelphia Inquirer. Elle est l’auteur de Alors, heureuse ? (Belfond, 2002). Chaussure à son pied (2004) a été adapté au cinéma avec Cameron Diaz sous son titre original, In her shoes, par Curtis Hanson. Crime et couches-culottes est paru en 2006 aux éditions Belfond.

Mon avis

Cannnie voulait juste faire un break, mais lorsqu’elle découvre avec horreur que Bruce parle de leur relation, et surtout de ses rondeurs qui la complexent, dans un magasine pour lequel il est chroniqueur régulier, c’est la fin… C’est blessée et en colère qu’elle demande à Bruce de s’expliquer. Pour toute réponse, il lui remet entre les bras un carton rempli de toutes les affaires qu’elle avait laissées chez lui. Effectivement, là, c’est vraiment là fin …

Cette rupture va anéantir Cannie. Tant d’évènement vont s’enchaîner ensuite, entraînant Cannie toujours plus profondément dans sa tristesse et sa solitude. Ce manque de Bruce qu’elle ressent d’abord va la mener à s’interroger sur un mal plus profond, l’absence de son père. Ce dernier a abandonné sa famille alors qu’elle était adolescente. Il est parti sans se retourner, oubliant qu’il avait eu une femme et des enfants. Il n’a jamais plus donné de nouvelles.

Cannie est persuadée que tout est lié, qu’un abandon en entraîne forcément un autre, que cette colère à l’égard de Bruce est le simple reflet de sa colère contre son père. Elle se dit, tout simplement, que sa vie se résume à ça, être abandonnée des hommes, que sa destinée ce n’est pas d’être heureuse ni d’être aimée. Comme le disait si bien son père, elle est grosse, jamais aucun homme ne s’intéressera à elle. Désespérée, ne sachant plus que faire pour accepter ce corps qu’elle n’arrive pas à s’approprier, elle s’inscrit dans un programme minceur, qui consiste à tester un nouveau traitement amaigrissant. Mais quelque chose d’inattendu va se produire, qui empêchera Cannie de poursuivre se programme…

Le roman se découpe en cinq parties, chacune évoquant l’un des évènements ayant bouleversé la vie de Cannie. Volontairement, je ne souhaite pas développer ce paragraphe, je préfère vous laisser la surprise et éviter de trop en dire.

De nombreux personnages apparaissent dans ce roman. Il y a tout d’abord Cannie, la narratrice. C’est une jeune femme ronde et mal dans sa peau, qui a du mal à recevoir l’amour que les autres veulent lui prodiguer, et qui a donc encore plus de mal à en donner en retour. N’ayant jamais pu oublier le départ de son père et surtout sa facilité à avoir rayé de sa vie sa famille, elle se trouve encore plus affectée par sa rupture avec Bruce. Elle se persuade alors qu’elle n’aura jamais droit au bonheur, que finalement, son père devait avoir raison sur ce point. Mais un miracle va se produire, et grâce à cet événement, Cannie va changer sa vision des choses et finir par s’ouvrir aux autres et à la vie.

Il y a aussi sa famille : Lucy, sa jeune sœur, insouciante et instable ; Josh, son frère, taciturne et discret ; sa mère, que Cannie trouve envahissante ; Tanya, la compagne de sa mère, que Cannie déteste. On trouve aussi Samantha, son amie de toujours et sa plus grande confidente. Puis Maxie, star du cinéma inabordable, qui va pourtant se lier d’une amitié sincère avec Cannie, jusqu’à lui offrir le meilleur des soutiens lorsqu’elle en aura le plus besoin. Enfin, le Dr K., Peter, qui va s’attacher à Cannie et tout faire pour qu’elle aille mieux. Sans oublier Bruce, par qui tout arrive, le malheur de Cannie, mais aussi son bonheur, malgré lui.

J’ai commencé ce livre il y a déjà quelques jours. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans les premières pages. J’ai trouvé le ton de Cannie trop plaintif et elle m’a d’abord excédée. Mais plus j’avançais dans ma lecture, plus je m’attachais à elle. Elle a traversé une année pleine de turbulences, qu’elle a eu bien du mal à surmonter. J’avais envie de savoir si elle finirait par accepter les mains que lui tendaient ses proches et surtout, je me suis demandée si elle parviendrait enfin à s’autoriser le bonheur.

Cannie me ressemble un peu, ou bien est-ce le contraire. Quoi qu’il en soit, je me suis retrouvée parfois en elle et c’est en ça que son personnage et son histoire m’ont touchée. Ce livre est une petite perle à mes yeux, une belle leçon de vie, qui nous apprend que chacun de nous mérite d’être heureux et que personne n’est en droit de nous dire le contraire… Nous avons tous une chance, il faut simplement se donner les moyens de la saisir et en faire bon usage. Croyez-en-vous, ne permettez à personne de vous faire douter de vos capacités. Et pour finir, j’ai envie de dire que la beauté, ça n’a rien d’un aspect extérieur. Ce qui est beau est à l’intérieur de chacun de nous. Si vous ne le montrez pas, les autres ne peuvent pas le voir. Faites en sorte de montrer ce qu’il y a de meilleur en vous, et tout ira bien.

Lu en janvier 2012