La forêt des ombres

Franck Thilliez

Pocket – 365 pages

Lu en août 2013

LivraddictAmazon Wikipedia

sticker-arabesqueParis, hiver 2006. Arthur Doffre, milliardaire énigmatique, est sur le point de réaliser un rêve vieux de vingt-cinq ans : ressusciter un tueur en série, le Bourreau 125, dans un livre. Un thriller que David Miller, embaumeur de profession et auteur d’un premier roman remarqué, a un mois pour écrire contre une forte somme d’argent.

Reclus dans un chalet en pleine Forêt-Noire, accompagné de sa femme et de sa fille, de Doffre et de sa jeune compagne, David se met aussitôt au travail. Mais il est des fantômes que l’on ne doit pas rappeler, et la psychose saisit un à un tous les occupants de la ténébreuse demeure cernée par la neige…

mon avisEncore une fois, je suis tombée sous le charme de la plume de Franck Thilliez, si tant est que je puisse me servir de cette expression pour un tel genre de littérature. Le roman démarre d’emblée sur une scène que l’on sent pleine de colère. Monsieur Thilliez nous plante le décor immédiatement. Aucune envie de refermer le roman. Le souffle court et le cœur palpitant, je m’y suis plongée avec délectation.

David Miller est embaumeur. Son travail, sans tout à fait lui fournir satisfaction, ne lui pose guère de problème. Préparer les morts pour leur dernier voyage, finalement, ça lui plaît. David a l’impression d’être fait pour ça… pour lui, c’est comme un devoir. Nous apprendrons pourquoi au fil du roman.

A côté de ce métier peu banal, David écrit. Il est déjà l’auteur d’un roman policier à succès. C’est ce qui va le mettre sur la route d’Arthur Doffre, un milliardaire hémiplégique quelque peu mystérieux. Ce dernier va prendre contact avec David pour lui demander de lui écrire un roman. Pour ce faire, David devra se plonger dans l’ambiance, isolé du reste du monde dans un chalet situé en plein cœur de la Forêt-Noire. Mais David hésite … Malgré la somme rondelette que lui offre Arthur Doffre, il trouve les circonstances plutôt sordides. En effet, pour une raison encore inconnue de David, Doffre souhaite qu’il fasse revivre dans son roman le Bourreau 125, un tueur en série d’une cruauté sans pareille, qui n’attaquait que des familles avec enfants, obligeant alors l’enfant à regarder sa mère dépecer vivant son père … Les enfants en question étaient retrouvés avec d’étranges chiffres tatoués sur leur crâne. L’enquête n’a jamais pu révéler ce que signifiait ces chiffres …

Pourquoi Doffre tient il donc tant à ce que toutes ces atrocités refassent surface ? La question a bien éfleuré David à un moment, mais l’appât du gain a été plus fort … Ne restait plus qu’à convaincre son épouse.

Cathy Miller, femme a foyer, a bien du mal à cacher son angoisse à l’arrivée du facteur chaque matin. Car depuis quelques temps, son mari est la cible de Miss Hyde, une femme qui voue à David un véritable culte et lui écrit des lettres anonymes enflammées. Mais ce matin là, Cathy a plus peur encore … En ouvrant le petit paquet qui était destiné à son époux, elle perd pied. Le secret, la terrible vérité qu’elle tente de cacher à David, l’autre la sait … Déterminée à protéger son couple et sa famille de cette menace, Cathy va dissimuler à David cette missive. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que Miss Hyde n’est pas bien loin et qu’elle compte bien récupérer ce qu’elle croit être à elle, par tous les moyens

Alors tout d’abord, à l’annonce de la proposition faite à David, Cathy a été plutôt réfractaire. Mais en y réfléchissant bien, elle s’est dit que cette « retraite » leur serait peut être bénéfique. Les voilà donc embarqués tous les trois, David, Cathy et leur fille Clara, au cœur d’une histoire bien plus dangereuse qu’il n’y paraît

Une fois arrivés au chalet, David et Cathy vont faire la connaissance d’Arthur Doffre. Jusque là, le vieil homme n’avait abordé David que par le biais de son « bras-droit », Christian. Arthur Doffre est un personnage qui possède beaucoup de caractère. Il n’est pas toujours facile pour David de comprendre ses motivations et ses doléances. Son comportement est plus qu’étrange et sa vraie nature sera vite révélée. Une jeune femme l’accompagne, Adeline, que Doffre présente comme étant sa compagne. Sous ses airs lui donnant l’impression de tout maîtriser, Adeline est une femme fragilisée par le poids d’un très lourd secret trop longtemps gardé. Après quelques accrochages, les deux femmes finiront par se lier d’une certaine amitié.

C’est dans cette ambiance lugubre et froide que vont se dérouler d’étranges phénomènes. Tout d’abord, que signifie cet énorme chêne planté là, autour duquel a été construite la demeure ? Que veulent dire les chiffres qui y sont gravés ? Pourquoi l’arme accrochée sur le mur semble avoir servi récemment alors que personne n’est plus sensé vivre ici depuis un moment ? Et surtout, qui est Emma ? Emma, débarquée un beau jour de nulle part. Blessée, désorientée, elle raconte avoir été victime d’un accident sur la route, qu’elle empruntait dans le but de rejoindre sa famille pour un enterrement. Mais elle aurait été agressée dans la forêt quelqu’un, ou quelque chose … Cette femme paraît totalement déséquilibrée, son discours est incohérent et son comportement parfois digne d’un cas psychiatrique.

Lorsque David comprend que lui même et sa famille sont en danger, il est déjà trop tard … Pris au piège dans ce chalet, au milieu de nulle part, David et Cathy vont devoir se battre pour leur propre survie et celle de leur fille.

en brefJe parle de ce roman avec encore des frissons qui me parcourent … Que dire à part un grand merci à Monsieur Thilliez ? « La forêt des ombres » est un roman terrifiant qui met en scène des personnages torturés (de l’esprit, j’entend …), si bien que même après la lecture des dernières pages, il régnait encore autour de moi cette pesante ambiance présente au fil des pages. J’adore les huis clos. Ils sont particulièrement angoissant je trouve, et celui ci est remarquablement réussi. Aucun échapatoire, aucune issue envisageable. Je me suis demandé milles fois comment et surtout si le dénouement en serait heureux. Les pages de la fin ne m’ont aucunement déçue. Fans de Thilliez, je vous invite à entrer dans La forêt des ombres les yeux fermés …

extrait«  Puis ses pupilles se dilatèrent, pareilles à celles des félins. Plus rien n’existait. Hormis le feu roulant de son imagination. » (Pocket – p. 85)

« Et il resta là, seul, dans la nuit.

Il souriait.

La peur ne se fuit pas. Elle se vit …

Et il adorait ça. » (Pocket – p. 146)

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9 réflexions au sujet de « La forêt des ombres »

  1. Je n’ai lu qu’un roman de Franck Thilliez (ça se passait dans une grotte), mais j’ai été déçue car je n’ai pas accroché au suspens, ni même au style. Mais celui-ci semble beaucoup mieux.

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