La guerre des vanités

 

Editions Gallimard (11 mars 2010) – 411 pages

 

Présentation de l’éditeur

Tournon, dix mille habitants, petite ville de la vallée du Rhône recroquevillée sur elle-même et balayée par le souffle glacial du mistral. Immobile, presque éteinte. Jusqu’à ce qu’une série de suicides d’adolescents vienne perturber le fragile équilibre de la cité et libérer les vieux démons qui y sommeillent. Le lieutenant Alexandre Korvine est dépêché sur place pour enquêter. Plus habitué à traquer les dealers et à pratiquer des autopsies qu’à fouiller les placards et feuilleter les albums de famille, il entame rapidement une descente aux enfers. Trois jours de chasse à l’homme qui voient la ville mourir à petit feu et entraîner ses enfants dans un processus autodestructeur. Trois jours de chaos au cours desquels Korvine, usé, hanté par son propre passé et au bord de l’explosion, se transforme en missionnaire pour tenter de percer le secret qui ronge les parents des suicidés. Un secret en forme de nature morte, composé de portraits en trompe-l’oeil. Mensonges par omission, suspects commis d’office, vidéos compromettantes et étranges résultats d’analyses médicales. Une guerre que Korvine doit mener seul sans jamais céder un pouce de terrain, quitte à se transformer en bombe humaine au service de la vérité. Là où précisément tout se complique…

Biographie de l’auteur

Marin Ledun est écrivain français né en 1975 à Aubenas, Ardèche.

Ses romans noirs sont traduits dans plusieurs pays : Les visages écrasés (Trophée 813 du meilleur roman francophone 2011), La Guerre des vanités (Prix Mystère de la critique 2011), Modus Operandi (Prix Plume libre 2008) et Zone Est.

Il écrit également des pièces radiophoniques pour France Culture et a publié deux essais.

Mon avis

Un roman froid et dur au premier abord. A peine le livre ouvert, on se retrouve confronté à l’horreur pure et simple : les suicides de deux adolescents dès les premières pages, dans des circonstances atroces et incompréhensibles. Suivront alors sept ou huit autres suicides, toujours des enfants.

C’est l’inspecteur Alexandre Korvine qui sera responsable de cette enquête. Usé et fatigué par la dureté de son travail, et face à l’atrocité des faits qui se déroulent dans cette petite ville, il va mener l’enquête avec une frénésie sans pareille.

Korvine est un homme malade et aigri. Fumeur invétéré, atteint d’un cancer, il n’a plus rien à perdre. Je l’imagine d’allunre négligée, le teint gris, mais malgré tout attachant. Sous son caractère d’ours, on sent qu’il souffre de la douleur des autres. Cette enquête va le désarmer. Lui qui était jusqu’ici habité à démêler des affaires de drogues, il va se voir obligé de plonger dans de sordides histoires et sortir les squelettes des placards. Car c’est un lourd secret qui plane sur Tournon.

Des enfants se suicident, tous de manière affreuse et avec une terrible imagination. Des enfants aparemment sans histoire. Pourtant, quelque chose de tragique anime cette ville. Mensonges, vengeance, malheurs, tout se sait mais rien n’est dit. C’est dans cette ambiance que Korvine va devoir évolluer et trouver la vérité.

On avance dans une atmosphère lourde et pesante. Des suicides d’enfants, ce n’est pas banal, ça émeut et ça questionne. Jusqu’aux vingt dernières pages, Marin Ledun s’est évertué à maintenir le suspense. Je classerai ce livre de « page turner », incapable de la laisser longtemps fermé, il fallait que je saches, que je comprenne.

Premier roman de l’auteur que je lis, je ne suis pas déçue. L’écriture est fluide, bien que le rythme soit saccadé, à l’image de son personnage principal, autour duquel toute l’enquête est focalisée. On a vraiment l’impression d’évoluer au même rythme que Korvine, ce qui nous rend plus proche de lui, mais aussi des autres personnages.

 

Lu en Juin 2011

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