La dernière valse de Mathilda

Archipoche (janvier 2007) – 566 pages

Présentation de l’éditeur

Dans la chaleur étouffante du bush australien, Mathilda, treize ans, fait ses adieux à sa mère. Quelques voisins sont rassemblés autour de la tombe, pour rendre un dernier hommage à cette femme courageuse.

Un peu à l’écart, le père de Mathilda n’a qu’une hâte : que tout cela se termine afin qu’il puisse vendre le domaine de Churinga. Mathilda, elle, comprend que les choses ne seront jamais plus comme avant…

Cinquante ans plus tard, Jenny découvre le journal intime de Mathilda. À mesure que progresse sa lecture, l’angoisse l’assaille… A-t-elle bien fait de venir s’installer à Churinga ?

Par son atmosphère envoûtante, la force de ses personnages, cette saga australienne s’inscrit dans la lignée des chefs-d’oeuvre de Colleen McCullough.

Biographie de l’auteur

Tamara McKinley est une écrivaine australienne née à Launceston, en Tasmanie. Elle est ensuite allée en Angleterre avec sa grand mère afin d’y finir ses études dans une école pour jeunes filles dans le Sussex. Les expériences de son enfance et les souvenirs de son incroyable grand-mère ainsi que ses deux extraordinaires grandes-tantes constituent la base de ses romans.

Elle a commencé par écrire des thrillers psychologiques avant de retourner à ses racines en écrivant des sagas familiales ayant pour toile de fond l’installation des pionniers dans la brousse australienne. Elle est maintenant très connue en Allemagne où ses livres ont été en tête des ventes à leur parution.[réf. nécessaire] Ses livres sont aussi populaires en Scandinavie, plus particulièrement en Suède où sa première saga a été saga roman de l’année[réf. nécessaire].

En France seuls deux de ses romans sont disponibles, à savoir Éclair d’été et La dernière valse de Mathilda. Ce dernier s’est vendu à plus de 150 000 exemplaires en France

Mon avis

A 13 ans, Mathilda enterre sa mère, une femme aimée de tous disparue trop tôt, anéantie par une longue maladie. Seul son père demeure à l’écart de la tombe, distant, comme non concerné. Il ne veut surtout pas se mêler à la petite foule qui se presse pour faire un adieu à sa femme. Tout ce qu’il souhaite, à présent qu’elle n’est plus, c’est vendre le domaine de Churinga. Et c’est ce que redoute le plus Mathilda. Attachée à ces terres pour lesquelles sa mère s’est toujours battue, elle espère pouvoir continuer à faire vivre l’endroit. Mais ce sera sans compter sur toutes les difficultés qu’elle va devoir surmonter.

Cinquante ans plus tard, c’est au tour de Jenny de découvrir le domaine de Churinga et d’en tomber sous le charme. Après la perte tragique de son mari et de son fils, elle se rend en Australie, où Peter, son défunt mari, avait fait l’acquisition des terres de Churinga. C’est en prenant ses repères et en fouillant la maison qu’elle va tomber sur les trois volumes du journal intime de Mathilda. Ce qu’elle va y lire va alors la bouleverser. Sur place, elle fera la connaissance de Brett, un homme au premier abord taciturne et insaisissable, mais qui va éveiller en elle une passion dévorante.

Du côté des personnages, parlons tout d’abord de Mathilda. Elle a hérité du caractère solide de sa mère, bien heureusement. Parce que vivre à Churinga aux côtés de son père est loin d’être une partie de plaisir. Revenu de la guerre blessé et empli de colère, ce dernier va faire vivre à sa fille un véritable enfer aussitôt après la mort de sa femme. Alcoolique et violent, il aura du mal à résister à certaines de ses pulsions. Mathilda va être marquée à jamais par cette période de sa vie, dont l’issue ne sera que tragédie.

Quand un demi siècle plus tard, Jenny tombe sur son journal, c’est au travers de ses yeux que nous faisons connaissance avec Mathilda. Jenny, encore fragilisée par la perte de ses deux amours, parvient sans mal à être touchée par les mots de Mathilda et s’identifie sans difficultés à la jeune fille. Paraissant tout d’abord distante, tant vis à vis de ce lopin de terre que de ceux qui y travaillent et y vivent, Jenny finira par faire tomber le masque. Le charme de Churinga, ainsi que celui de Brett, vont évidemment faire leur effet.

L’histoire est écrite par flashback, nous passons de la vie de Mathilda, au travers des écrits que Jenny découvre dans les journaux intimes de la jeune fille, à la nouvelle vie de Jenny à Churinga.

Lorsque nous faisons connaissance avec Mathilda, ce n’est encore qu’une enfant. Nous la voyons évoluer tout au long du roman, subissant de douloureuses épreuves, mais restant toujours debout. Désireuse de se battre pour ses terres, qu’elle chérit plus que tout, elle ira jusqu’à s’en oublier, refusant les avances des hommes, préférant ainsi la solitude. Les violences qu’elle endure de la part de son père l’ont tout d’abord poussée à fuir. Mais une fois que ce dernier l’a rattrapée, elle n’aura d’autre choix que de continuer à supporter la vie à ses côtés. Pas pour bien longtemps, car il viendra lui aussi à mourir, laissant Mathilda enfin seule et libre. Malgré les difficultés financières et matérielles qu’elle rencontrera, elle n’aura de cesse de se battre pour que Churinga tienne debout. Le prix à en payer sera lourd, mais au bout du chemin l’attend l’inévitable : un amour soudain et passionnel. Un dénouement heureux auquel l’on ose croire, pourtant, dans la vie de Mathilda, rien n’est aussi simple, même le bonheur se paye.

Près de cinquante années plus tard, lorsque Jenny vient vivre au domaine, rien n’a changé. L’âme de Churinga telle que la décrit Mathilda est toujours présente. Ce qui va séduire notre jeune citadine. Aussi improbable que ça lui paraisse, Jenny se laissera gagner par Churinga. Difficile alors de prendre la décision de revendre les terres. Finalement charmée, Jenny va passer plus de temps que prévu à Churinga, allant jusqu’à en adopter le mode de vie avec une étonnante facilité. Elle se laisse séduire par Brett, l’un des ouvriers du domaine, qui lui fait découvrir tous les aspects positifs d’une vie à Churinga. La lecture des journaux de Mathilda donne à Jenny l’impression que l’ancienne propriétaire des lieux rôde encore par ici. Son récit va tellement la toucher qu’elle se laissera attendrir. Ce n’est pas sans complications qu’elle finira par prendre sa décision : vendre Churinga, ou rester pour y refaire sa vie ?

En conclusion, j’ai adoré. Tout m’a plu dans ce roman : les paysages australiens, les personnages aux forts caractères, la grande saga familiale … de merveilleux ingrédients pour faire de ce roman un véritable coup de cœur. J’ai voyagé avec Jenny, j’ai souffert avec Mathilda, j’ai aimé aussi avec elles. Ce livre m’a envoûtée et m’a fait vivre une belle aventure.

Lu en août 2012

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2 réflexions au sujet de « La dernière valse de Mathilda »

  1. Depuis que j’ai lu « Lettre à mon ravisseur », qui, bien que dans un registre young adult, m’a bouleversée, je fais une fixation sur les romans se déroulant en Australie. Tu penses donc combien ce livre et ce que tu en dis m’ont interpellée ! Si je croise « La dernière valse de Mathilda » en librairie, nul doute qu’il repartira avec moi 😀

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